Quand le roquefort fait un fromage…
AuteurUne lettre d’humeur (mauvaise) et quelques nouvelles…
Quand le roquefort fait un fromage…

Une fois n’est pas coutume, mais après tout cette news letter sert aussi à vous confier quelques états d’âmes, je vais un peu me lâcher dans le registre de la très mauvaise humeur : Les États-Unis viennent – quel cadeau ! – d’autoriser le « roquefort » à pénétrer leur espace national, après l’avoir accusé de tous les maux sanitaires, tout juste s’il n’allait pas tous les occire.
Naturellement grossière manœuvre : la contrepartie exigée, et virtuellement acceptée par l’union européenne, est l’importation de viande américaine. Rappelons en effet que les États-Unis autorisent, pour leurs bovins, l’adjonction d’hormones de croissance, ce qui est interdit chez nous depuis environ 30 ans.
Et ils ont beau jurer leurs grands dieux que leurs exportations à destination de l’Europe respecteront cette règlementation, qui va vérifier ça ? Si c’est vérifiable ! Quand je pense à tous les contrôles sanitaires et administratifs, certains indispensables, d’autres moins, que les éleveurs français doivent accepter, je vous laisse apprécier l’incohérence coupable de nos instances européennes. Il faudra quand même bien un jour que l’Europe se prononce nettement soit pour une préférence communautaire avec le double corolaire de la sécurité – qualité du produit et du maintien du tissu rural significatif, avec d’éventuelles barrières douanières, soit pour un libre échangisme qui conduira rapidement à l’hégémonie de certains pays ou continents et encore plus rapidement à notre disparition.
Alors tenons bon et je vous engage déjà à la plus grande vigilance (à faire partager autour de vous) sur la provenance des viandes présentées en grande surface… Sinon, Dynamite n’a plus qu’à devenir un pauvre chien d’appartements, déracinée de sa Bourgogne natale vidée de tout sens ! Bon, c’est vrai, nous n’en sommes pas encore là mais j’espère que vous comprendrez mon courroux !
Vie de la ferme la Cour
Ici, les foins sont aux trois quarts terminés. Plus précoces que l’an passé, car le printemps végétal a été tardif ce qui a conduit l’herbe à une floraison subite, et si nous attendons tDynamite au prèrop, elle verse sous l’effet conjugué du vent et de la pluie, et le foin risque de pourrir sur pied. Il ne reste plus maintenant qu’à rassembler les bottes, les charger sur le char, les amener à la Cour et enfin les faire rouler sur les planchers ou il faudra encore, dernière manœuvre, les basculer debout. N’oubliez pas que nous sommes tout à fait prêts à accueillir ceux d’entre vous qui voudraient nous aider et connaître les joies du « poussage de bottes » sur les greniers. (si, si : des courageux l’ont fait). Avant de vous quitter, tout de même, quelques nouvelles de Dynamite qui devient petit à petit le personnage central de la Cour !
En fait c’est un joyeux chiot, dans un corps de grand chien. Elle a vraiment du mal à ne pas me suivre dans ma visite quotidienne aux vaches. Je cherche en permanence à l’en dissuader, car les vaches n’apprécient pas trop qu’un chien déambule, même pacifiquement, au sein du troupeau. Je lui oppose donc des refus sévères, sous forme de « à la maison ! » catégoriques, mais elle n’obtempère qu’à contrecœur ; en me suivant malgré tout discrètement et hors de portée de voix. Tout à l’heure, je visitais tranquillement un lot de
vaches qui ruminaient les yeux mi-clos quand subitement les cinq premières se sont levées, les oreilles dressées, et ce sont mises à converger d’un pas décidé vers un point mystérieux. Tout ce petit monde arraché à sa torpeur matinale, a tourné une tête interrogative vers l’endroit du délit et j’ai vu après un démarrage supposé en trombe, un trait noir qui remontait à vive allure vers l’entrée du pré où je l’ai retrouvée un quart d’heure plus tard, superbement assise au milieu du chemin : courageuse mais pas téméraire ma Dynamite ! Prochain exercice pour elle : vers 11 heure la Kangoo du facteur ! Merci à tous de votre soutien et à bientôt.
