Fin d’année à l’étable
AuteurPaysan solitaire
Aujourd’hui, 31 décembre, voici quelques tranches de vie dans la journée d’un « pauvre éleveur solitaire », et qui n’ont rien de la rêverie… Ce matin par exemple à l’écurie, je raclais consciencieusement comme d’habitude la paille souillée derrière les vaches attachées pour leur garantir litière fraîche et propreté (première mesure
d’hygiène en période de vêlage). Je m’appliquais notamment à faire osciller une future jeune maman (une génisse à son premier veau) de manière à pouvoir œuvrer à sa droite et à sa gauche et pour cela je lui tapotais gentiment l’arrière train mais, prisonnière d’une inquiétude pourtant injustifiée, elle demeurait bêtement figée tout contre sa voisine (la n°2021), ce qui me rendait toute tâche impossible. J’insistais donc, toujours en douceur, et la bête commençait presque à se rassurer quand la voisine ( la n° 2021)… Vlan ! Un bon coup de patte dans le genou pour le bonjour du matin. Inutile de vous dire la bordée d’injures et de vociférations variées dont je l’ai immédiatement gratifiée. Mais, au moins, les autres se sont montrées, sans doute impressionnées par l’invective, particulièrement coopérantes. N’empêche, ce soir, j’ai quand même le côté du genou enflé.
Consolation
Enfin, ultime consolation : si certaines vaches marquent par leur mauvais caractère (n’est ce pas la 2021 ?), d’autres attendrissent toute la famille par un tempérament heureux et bienveillant en permanence. C’est le cas d’une bonne grosse mère, gentille comme tout, et très intéressée par tout ce qui se mange. La famille l’a depuis longtemps repérée parce que, non contente de se caractériser par un appétit de lion, elle tend toujours vers l’alimentation des oreilles petites et tournées vers l’avant, un peu à la manière des rhinocéros. Elle aussi dispose d’un numéro (3000 parce que née en 2003), mais s’illustre surtout par un nom de légende et qui lui sied à ravir : Ucocotte ! Cela ne s’invente pas… Sa seule vue suffit d’ailleurs à me faire oublier le mauvais caractère de certaines de ses congénères. Après ce petit « break », qui m’a permis cette petite conversation avec vous, je retourne dans les écuries pour le dernier tour du soir. Il est 23 heures, j’espère qu’aucune n’aura la cruauté de me faire lever

Veau Charolais
cette nuit à 3 heures pour jouer les sages-femmes. Enfin, déjà 20 petits veaux… Plus que 40, je tiens le bon bout !
Bonne fêtes à vous tous et à bientôt.
Nous vous souhaitons une heureuse et sainte année…
François et Juliette

