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fév
11

De la dynamite à la ferme

Auteur François Messié

Matinées ensoleillées…

Les matinées de travail à l’écurie sont depuis quelques temps égayées d’une nouvelle présence : Dynamite.
Explosive comme le veut son nom, cette petite chienne beauceronne est arrivée à la Cour peu avant Noël afin de succéder un jour à notre brave mais vieillissante Opérette dont les séjours devant le poêle s’allongent de plus en plus…

Dynamite

Dynamite

Ma turbulente et jeune compagne commence, sur mes talons, par entrer dans les écuries de vaches avec autant de discrétion qu’un régiment de grognards. Il en faut heureusement d’autres pour déranger nos bonnes grosses bêtes charolaises qui n’attendent de toute façon que l’arrivée salutaire des fourches de foin dans Dynamitele râtelier. Les chats, par contre, sont brutalement tirés de leur torpeur matinale par un épouillage en règle (enfin, je suppose) : bonne âme, Dynamite entreprend en effet de les déparasiter en les maintenant vigoureusement sous ses pattes déjà solides malgré ses petits trois mois, et en tirant consciencieusement quelques touffes de poils probablement souillés. En général l’opération s’interrompt par un changement soudain d’activité, comme attraper par exemple un bout de paille qui lui vole devant le nez, mais cela peut se prolonger et je ne suis averti de la fin de l’intervention qu’au bout de quelques minutes, par un miaulement sec et une vive rebuffade lui signifiant que bon, maintenant, la frontière du jeu est dépassée… L’autre jour, fort intriguée par une bestiole inconnue, elle s’est approchée prudemment d’un petit veau qui se reposait de sa première tétée, avec des mimiques tantôt de dérobade apeurée, tantôt d’approche gaillarde et dominatrice ; au bout de quelque temps, les deux jeunes bêtes se sont mutuellement flairé la truffe avec retenue et attention jusqu’à ce que Dynamite réalise subitement qu’au-dessus d’elle, une tête autrement grosse que la sienne suivait avec attention le spectacle, avec probablement l’intention d’envoyer la jeune intruse à quelques mètres par un prompt balayage encorné. La fuite fut instantanée, et beaucoup plus rapide que l’approche, comme on le devine.


Taureau charolais

Aujourd’hui il gèle encore pas mal, nous sommes en milieu de matinée et je vais aller visiter mes deux gros papas charolais, comme chaque jour. Il me faut casser la pellicule de glace qui recouvre l’eau de leur abreuvoir, leur

repousser l’ensilage d’herbe sous le nez et leur offrir le blé aplati. Ils en raffolent, et puis ce sont des bêtes paisibles qui ne revendiquent jamais ; je me dois de les cocoter parce qu’eux, l’hiver, ils restent au pré … Rassurez-vous,

Taureau charolais

Taureau charolais

ce n’est pas de la désinvolture de ma part, mais une nécessité : pour garder intacte sa capacité musculaire et articulaire, un taureau doit en toute saison pouvoir librement marcher, bouger, bref ne jamais s’ankyloser sinon la brutale sollicitude naturelle du printemps, avec les vaches, risque de lui coûter entorses et autres fractures…
La vivacité du froid, bien naturel en cette période, me soucie parfois quand je passe à côtés de mes plants en jauge : je n’ai pas encore eu le temps ni le loisir de planter la haie et le rideau d’arbres prévus pour finir de protéger la stabulation du vent et agrémenter un peu les abords. J’espère qu’un redoux arrivera avant le mois de mars parce que sinon, une fois de plus, tout sera à faire en même temps !

Bon courage à tous et à bientôt.

François et Juliette

François et Juliette Messié

François et Juliette Messié

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